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Herculine Barbin, tentait d’exposer le problème suivant : Comment assumer le fardeau d’un destin exceptionnel face à la non acceptation de ce destin par autrui ? Elle a connu la peur dans toute son étendue. L’angoisse de voir son secret terrible, qu’elle a gardé sur le cœur, découvert. La terreur de devoir payer pour une faute qu’elle n’a pas commise et de rougir de honte pour être ce qu’elle est. Souffrir, toujours. Forcé, il a du se séparer des gens qu’il aimait et plonger dans la froideur de l’inconnu.
La Bonne Vie, racontait par séquences hachées la vie d’un couple - de tant de couples - au moment ou la femme attend un enfant : l’angoisse sous-jacente, l’obsession de la catastrophe, la tension perpétuelle, les peurs précises, les recules, les échappés vers le rêve, le jeu des rêves et des illusions, le sentiment de l’inexistence, le refus, la révolte de la femme, le silence.
L’entraînement Du Champion Avant La Course, raconte l’histoire de deux femmes qui dans leur vie ont le même homme. A travers ce triangle de boulevard s’inscrit alors le rapport d’oppression que l’homme entretient avec ces deux femmes et l’on voit comment à l’intérieur de la famille (et à cause de la famille) a lieu un combat qui fera perdre la course au champion.
Une envie de tuer sur le bout de la langue, c’est l’histoire de six personnages que la solitude rassemble sur une place, un samedi soir, à côté d’une boîte de nuit. Les autres font la fête, ceux-là n’y sont pas. Ils n’ont plus envie de jouer le jeu ou bien on ne leur en a jamais laissé les moyens. Pourtant ils veulent quelque chose de cette vie, et puis l’amour. A travers des personnages qui dans leurs présences, leurs désirs, leurs sentiments, leurs déchirements, leurs désarrois sont en décalage d’eux-mêmes et du monde, et en quête de ce "je ne sais quoi" à jamais perdu et qui les recalerait.
Bal-trap, parle de sauvetage et de dérive, d’amour perdu et de solitude. La fin d’un bal de province est le prétexte du télescopage des quatre personnages en pleine perdition amoureuse et existentielle. Gino et Lulu sont là pour fêter leur troisième anniversaire, et pour essayer de sauver une relation qui s'épuise. Bulle attend quelqu'un qui ne viendra plus jamais. Muso, le solitaire, toujours espoir de rencontrer quelqu'une là au dernier moment quand on s'y attend plus. Et le musicien, que fait-il encore là ? Que cherche-t-il encore ? L'amour… ou sa musique perdue ?
La profanation, raconte La conquête de soi à travers l'expérience de l'amour inachevé, inexprimé. Entre Hafna et Rahfane trop de comptes à régler. Des comptes à régler avec l'autre mais avant tout avec soi-même. Hafna cherche la conquête de l'autre, c'est l'amazone d'aujourd'hui, mais dans sa guerre elle oublie de se conquérir elle-même d'où sa perte. Elle ne s'aime pas, mais au moins commence-t-elle à se chercher à essayer de se comprendre. C'est déjà ça. Rahfane est privilégié par une société qui vénère le mâle, il a le statut de mec mais ce statut ne le met aucunement à l'abri de se perdre dans le labyrinthe de la recherche de soi. Hafna est sa perte et son chemin du non-retour. Éblouissant est Hajir celui qui ne se fait plus d'illusion ni sur lui ni sur les autres, son amour c'est les pierres de sa ville et puis les palmiers centenaires, ceux qui ont assisté à la chute de milliers d'autres Hajir et autres. Et Kadra alors ? Cette vierge pécheresse, celle qui a trouvé son bonheur dans la négation et l'amour de tout et de tous. Elle reste une énigme comme tous les autres. Le Meddeb, Sagesse, Lumière. Celui qui châtie. Celui qui console.
Chroniques des jours entiers, des nuits entières, dix ans de tiroirs… Ce sont des bouts de textes, des petits monologues, des pensées, des petits dialogues, des saynettes, des débuts de choses des fragments d'histoires. Des petits événements croqués à chaud, comme des instantanés, de petits Polaroïds. Ce n'est pas un montage, dans un ordre d'histoire, chaque texte peut-être pris à part, sorti du contexte, chacun peut trouver son propre chemin, ce n'est pas une pièce. C'est un matériau à jouer, des confrontations pour les acteurs, à se dire, à balancer contre le mûr, sans fleurs, ni fards, des histoires d'amours, de tunes, trucs classique-quoi, de la vie de tous les jours qui sont ici concentrés. Chaque texte apporte sa propre fin. On pourrait tous les mélanger comme un jeu de carte. Ce sont des bribes, de petites coupures, des voix qui éclatent doucement, les voix de tout le monde et de personne, du sourire caché à la violence des jours entiers, des nuits entières.
L’arbre Sorcier, Ah! C’est merveilleux l’enfance. Merveilleux et tellement plus riche que tout ce que peut imaginer les adultes. Quant les grandes personnes se mêlent de raconter des histoires aux petits, c’est presque toujours pour leur présenter une image à l’échelle réduite de notre société et de ses normes. Le résultat est rarement valable, souvent niais, jamais poétique. Notre temps est celui des cosmonautes, non celui des poètes. Il n’y a plus de magiciens pour se pencher sur l’enfance, la vraie, celle qui possède sa propre logique, et dont le champs de vision et plus large que le nôtre parce que rêve et réalité ne sont pas dissociés mais au contraire fondus en une seule image. Quand un gosse amoncelle des boites de cartons et se réfugie dessous il «voit» un palais. Quand il s’assoie dans une vielle caisse à orange, il «est» dans un bateau. Et c’est ainsi que, chaque jour, il crée le monde.
La Rencontre, des textes différents, d’auteurs très différents. Voilà de quoi nous avons hérité. Et voilà ce que je suis sensé mettre en scène. A leur lecture aucun point commun, aucune liaison, rien qui puisse donner une cohérence, et avec ça j’ai envie de raconter une histoire, j’ai envie de défendre des personnages. Où c’est qu’on peut trouver des univers aussi éloignés les un des autres ? Au théâtre bien sur. Qui c’est la personne qui peut être à la fois sois et plusieurs autres lui au même temps ? L’acteur bien sur. Et voilà mon histoire, notre histoire. Des acteurs autour de plusieurs textes, de plusieurs auteurs, et la vie tout autour. Joie, peine, plaisir, dégoût, trac, révélation, amitié, amour haine etc. voilà le pain quotidien de l’acteur, voilà son outil de travail et le mien. Nous ne voulons pas raconter le théâtre, nous n’avons pas cette prétention, nous tentons simplement de lever un tout petit peu le rideau, pour voir et pour être vu comme nous sommes.
Les Anges ne répondent plus, Derrière chaque personnage une histoire douloureuse. D’un côté comme de l’autre du miroir l’on souffre. Et si chacun de nous portait son asile en lui ? De nos jours ne pas être fou c’est de la folie. Yaqûta, Badr, Zirid, Loghz, Horra voilà mes personnages, ses personnages, nos personnages. Sont-ils une continuité de Hafna, Rahfane, Hajir, Meddeb, Khadra de «La Profanation» ? Peut importe, ils leurs ressemblent mais ils sont tellement différents. Prenons-les tel qu’ils sont. Gardons notre innocence et la leur. Innocents, ils le sont, de ce que nous voulons leur faire porter, leur faire dire. Tout fou est innocent par définition, c’est ce que je pense.
Rilke, C’est Rilke qui revient et qui se souvient de fragments qu’il a écrit et qui sont le reflet de son être le plus intime. Il nous parle de ses peurs, il nous parle de poésie, il nous parle de ses rêves, il nous raconte ses souvenirs et nous le suivons dans un voyage à travers le temps pour nous retrouver au début du siècle dernier. Rilke notre guide et témoin ne sait pas que nous sommes là, il ne sait pas qu’un siècle est passé sans que l’Homme change, malgré le progrès, malgré la science et la modernité, malgré nos avions et nos ordinateur.
Œdipe le tyran,
imaginer la tragédie au temps des grecs,
rassembler les documents qui parlent de la représentation et essayer de
restituer cette tragédie aux spectateurs contemporains. Toutefois ce n'est pas
une pièce de musée,
Nage Libre, ils sont deux. Un homme et une femme. Devant une maison un peu délabrée. Ils sont venus de loin. Ils veulent être seuls. Non seulement seuls, mais seuls ensemble. Ils ne veulent plus des autres. Ils ne veulent plus rester avec les autres. La maison est à eux. Ils l’ont acheté. Une maison un peu délabrée et très isolée. Ils sont enfin seuls. Seuls ensemble. Mais quelqu’un va venir. Ils le savent. Ils le sentent. Quelqu’un viendra et les empêchera d’être seuls ensemble.
Antigone, après la mort de Œdipe, ses deux fils Étéocle et Polynice décide de gouverner Thèbes par alternance une année sur deux. Étéocle sera roi la première année mais il refusera de céder le trône à son frère la deuxième année. Polynice s’exile à Argos et parvient à épouser la fille du roi. Il rassemble une armée et attaque Thèbes pour reprendre son royaume. La guerre est meurtrière et son issue est fatale, les deux frères s’entretueront. Créon, l’oncle des deux frères accède au trône en toute logique. Il lui faut assoir son autorité de toute urgence, il lui faut un décret royal, et le décret tombe...
Stabat Mater Furiosa, à d'autres le pathétique qui s'accommode de la fatalité. Je veux une parole comme l'effet d'une conscience excédée, noir précipité du malheur, de la raison et de la colère. Non pas un cri qui comble le silence sur les ruines mais qui accuse le vide. Seul l'excès d'une conscience à bout d'elle-même est à la mesure de ce défaut d'humanité qui depuis l'aube des temps donne lieu et emploi à la mâle ivresse de la tuerie. Je rêve d'une parole dont on ne se remet pas, non en raison de sa violence mais parce qu'elle porte en elle une évidence sans réplique.
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